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 Changement d'air. [PV]

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Hyang Ji Heoni
Criminel

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Messages : 16
Date d'inscription : 13/03/2010

MessageSujet: Changement d'air. [PV]   Lun 22 Mar - 20:44

|Fatigue.
C'était le début d'un après-midi comme les autres, fatigues, c'était l'écho qui résonnait à l'intérieur de moi. J'allais donc prendre un deuxième café, après tout, j'allais devoir rester encore longtemps sur ces dossiers. Le ciel était lourd, mon corps était chaud, mais aucune goutte de sueur n'avait daigné se montrer. Depuis quand suis-je enfermé dans ce bureau? Je travaille, je dors, je déjeune, je dîne, qu'est devenue ma vie après toutes ces années? Elle se résume à ce bureau, ces paperasses, ces quelques rendez vous importants pour le boulot. Ma limite n'était pas encore atteinte que je sens déjà tout mon être se fatiguer de survivre, l'existence devient un fardeau. Depuis quand ai-je cessé de vivre? Depuis sa mort.

|Anxiété.
Je pense prendre une pause, boucler ce dossier, le plus rapidement possible, je me sens de plus en plus fatigué, c'est lourd, j'étouffe, je veux juste rester allongé sur ce bureau, boucler le dossier, et m'allonger, ma tête me lance, c'est insupportable... Depuis quand? Ma seule préoccupation c'est le travail, mes seuls problèmes dans ma petite vie se résument à une lamentation inutile, histoire de, oui histoire de combler le petit vide qui s'agrandit dans cette vie inutile.

|Fuite.
Je m'étouffe, ma gorge se noue, c'est suffocant, cette vie sans sens, depuis quand ai-je oublié de vivre? Depuis quand mon boulot met soumet? Moi qui pensait m'épanouir me voilà encore plus desséché qu'un pruneau. Rien n'est enrichissant, j'ai besoin d'air, j'ai besoin de respirer, je veux émerger, depuis quand suis-je sous l'eau? Depuis bien trop longtemps, je dois sortir d'ici, vite, j'ai besoin d'air. Depuis quand suis-je sous l'eau? Je manque d'air, depuis quand suis-je en apnée? A l'aide. . .

|Porte.
Mon dossier est finis, je fais mes valises? Non, je n'ai rien à emporter, rien ne me retiens, rien. Alors allons-y. Mon sac? Mon téléphone? non, je n'ai pas envie qu'on me joigne, j'ai envie d'être indisponible. Ma carte de transport? Non, j'irais à pied, ou j'achèterais un ticket de train, d'avion? et si je prenais le bateau? Dois-je prendre mes clés?... Oui, ce bureau, c'est chez moi, je n'utilise que cette pièce, je ne suis plus rentrée dans ma chambre depuis plus de deux ans... Mais c'est quand même un point de retour, une assurance... Voilà, je prend mes clés, une bouteille d'eau, mon porte-feuille... Mon passeport. appareil photo? Non, soyons dans éphéméride. Pas faim, ok, partons. Allons y. J'éteins les lumières, je ferme mes fenêtres, je ferme mon appartement à clé, ai-je fait le bon choix? Oui, suivons nos envies tant qu'ils sont présents.

|Réalité.
Et si j'allais déjeuner après tout, le café d'à côté n'est pas mauvais. Je m'assoit, j'allume la drogue maudite. Je commande quelque chose de léger, j'ai pas assez d'appétit, et un café? non, je vais prendre un cocktail sans alcool... Je regarde les gens passer, je suis seule à ma table, et aussi la seule cliente seule. Il en faut toujours un, toujours une personne solitaire quelque part. Je n'ai pas l'impression d'émerger, bien sûr, je suis toujours sous l'eau, j'ai regardé ma montre 5 fois en 1 minute, je sais exactement mon emplois du temps, je sais que demain je dois rendre mon dossier, je voulais fuir, mais me voilà renvoyé à moi-même.

|Petits efforts.
J'ai marché le long des rues, je me suis baladé sans savoir vraiment où aller, sans destination précise, c'est agréable d'apprécier le vent frais du printemps, le soleil est doux, c'est une belle journée, le ciel est bleu derrière ces nuages blancs, je me sent un peu plus calme, je peux marcher lentement, ne pas me presser, mais je sais que dans quelques heures je dois rentrer, prendre mon dossier et le rendre... Il m'avait parlé d'une proposition de travail, oui c'est ça, 2 mois au Japon, deux mois de stage dans un campus, je pourrais rencontrer un spécialiste en neurologie, il pourra m'apprendre un peu plus sur les recherches au japon, c'est vrai, Boss m'avait parlé d'une ouverture d'horizon, ouverture, ouverture, j'étouffe depuis des années, quelle ouverture vais-je bien trouver?... Les transactions boursières, je dois le reprendre dans un mois, j'ai un projet à finir, le client semble vraiment tordu, mais qu'importe, il a vraiment une grosse somme à me proposer, ce qui veut dire qu'il va se servir de moi, bien entendu, il va vouloir se débarrasser de moi après, je crois que je dois préparer un plan pour le faire couler lui et son argent, j'en prendrais la moitié, le japon... Shooping? J'irais bien dépenser un peu d'argent, on peut dire que ce client tombe bien. Combien de personne vont se suicider dans sa boîte sera ruiné? Je me demande s'il va se suicider. Quel cafard, insecte nuisant, il n'ira jamais jusqu'au suicides, c'est sur il va me poursuivre jusqu'à ma mort pour son argent... Le japon n'est pas une mauvaise idée, je vais pouvoir créer un lueur là bas. Mince il fait déjà nuit... Et si j'appelais Boss? J'ai besoin d'une cabine téléphonique...
Ce n'est pas Boss qui répond au téléphone, c'est sa fille, elle ne m'aime pas, normal, je ne l'aime pas. Elle donne le téléphone à son père en bronchant, j'ai cru l'entendre m'injurier, la garce, je lui aurait rasé le crâne si ce n'était pas la fille du Boss...


"C'est moi, Rei, je n'ai pas mon portable.."

Il me coupe en plein discours

"Je m'en doutes bien! J'ai essayé de te joindre toute la journée, tu te moques de moi? Et le rapport? Il est finit? Tu as toujours du retard, mais cette fois-ci j'en ai besoin!! Tu me l'apportes quand? Non mais tu te rends compte de ce que tu fais?! et puis c'est quoi tout ce..."

Je l'ai laissé gueuler un peu, j'ai arrêté d'écouter, ça doit le relaxer de passer ses nerfs, comme ce que faisait cette vieille femme avant quand elle rentrait du boulot, elle passait ses nerfs en criant, injuriant, râlant, elle était désespérante, mais au moins, je ne lui coupais jamais la parole quand elle criait...

"Allo?!! Tu m'écoutes?!! Rei Rei!! Ehh!! non mais tu te moques de mois? Le dossier!"

"Pardon monsieur, je voulais juste vous faire peur, mais tout est en ordre malheureusement, je vous l'emmène ce soir, demain je pars au Japon, pouvez-vous appeler votre ami pour le transfert? Envoyez moi les autres dossiers à traiter si besoin."

Il était resté muet, j'ai juste entendu son souffle long, chaleureux, attendrissant, comme s'il voulait que je comprennes qu'il s'inquiétait un peu pour moi... j'ai souris silencieusement, parce que j'étais heureuse... Je crois que je viens d'immerger de l'eau, je respire enfin....

"D'accord, 2 mois, je te l'ai proposé il y a tout de même 4 Semaines. Mais bon, je suis content. viens ce soir, je t'invite à dîner... Rendez vous au Café sur la place, comme d'habitude.''

'' Oui monsieur. ''

|L'air frais sous une autre forme.
Je l'attendais sur la terrasse, il faisait frais, tout à l'heure j'entrerais à l'intérieur, quand il viendra oui, pour le moment j'ai envie de griller ma santé, c'est si agréable de regarder les gens passer, le bruit de leur rire me fait sourire, le cri des enfants m'attendrit, les disputes des passants me rendent curieuse. Un peu de vie, sous la nuit, les réverbères rendent cette ville un peu plus intime, l'impression que l'atmosphère était plus agréable, plus vivable. Il est là, comme à son habitude, des habits sobres, décontractés, il avait cet air paisible, rassurant, chaleureux.

"Et si on allait à l'intérieur? Je vous invites ce soir monsieur, avant mon départ"

Il sourit, mais refuse en secouant la tête.

"Ne m'invite pas comme si tu devais partir pour toujours, je t'invites pour ton départ, invites moi à ton retour jeune fille"

J'ai gloussé, il me faisait cet effet, c'était juste magique, est-ce parce que je l'admire? est-ce parce qu'il était comme un modèle? Ou tout simplement parce qu'il était tellement humain. Je crois que c'est surtout parce que je l'aime beaucoup, j'aime cet homme, j'aime cet humain qu'il est, j'aime sa présence, j'aime être à ses côtés, parce que je respire.
On avait bavardé un peu du dossier, il était satisfait de mon travail, je n'ai pas mentionné que la fin a été bâclé, il n'avait pas l'air de m'en vouloir, il le voit tout de suite quand c'est bâclé ou non, s'il n'avait pas bronché, c'est peut être parce qu'il était compréhensif. Nous dînâmes en se racontant nos petites histoires, nos petites anecdotes, on discourait sur certains sujets, masulina, femina, notre part d'humanité, ce qui nous pousse en avant, ce que nous avons besoin, ce que nous voulons... On se moquait aussi un peu des passants. Puis il a finalement abordé le sujet...

"Alors.. Après tout ce temps, tu es encore bloqué?"

J'ai eu l'impression que cette question était assez poignante pour me faire pleurer de douleur, comme si tout ce que j'avais immergé dans l'eau remontait peu à peu à la surface, mes souvenirs, mes attachements, mes peines, mes joies, mon passé... Ils sont à la surface à présent, à coté de moi, moi qui essayait de sortir la tête de l'eau.

"... Vous me connaissez bien, je travailles, je n'ai pas le temps d'y penser"

"Oui tu évites. Je ne t'ai pas proposé le Japon pour rien. En es-tu consciente?" [/b][/font]

"Je n'y ait pas pensé... Vous aviez donc prévu de m'envoyer là où son monde continue de vivre? Vous savez que vous êtes doué pour faire pleurer les femmes?" A son tour, il me sourit, ses yeux s'étaient ridés, son sourire gardait toute la sincérité avec l'âge...

"Eh bien, tu m'apprends une chose là. Va, tu as besoin de vivre, combien de temps s'est écoulé depuis? Tu devrais recommencer à vivre, tu as la vie devant toi pas comme moi... Je vais devoir prendre ma retraite bientôt, je suis un vieillard maintenant, toi tu devrais profiter de ta vie..."

J'ai détourné mes yeux, par la fenêtre je voyais des couples main dans la main, souriants, s'embrassant... Je n'ai pu que sourire à la vue de leur bonheur.

"Je n'ai pas changé... Mais vous avez bien fait, je suis arrivé à l'âge où vous avez eu votre premier enfant non? J'aimerais vraiment avoir une petite fille... Je vais arrêter la comédie, je vais finir mon année de neurologie, l'année prochaine un hôpital va m'accepter en temps plein, pour ce qui est de la rechercher, je continuerais"

"Bien, alors profites bien de ce voyages, ne le prends pas comme un nouveau départ, prends le comme une continuité de ta vie"

Nous sommes restés là à bavarder encore un peu, je suis ensuite rentrée faire mes valises pour le lendemain, j'ai réservé dans l'après midi un billet, le reste était déjà prêt, j'ai jamais l'impression d'être vraiment attaché à un lieu, alors tout les bagages, toute la paperasse est toujours prête, attendant mon départ... C'est ainsi.

Je n'ai jamais réussis à faire le deuil de sa mort. Je resterais toujours attaché, mais je crois qu'il m'en voudrait si jamais je le revoyais dans l'au delà... Depuis quand m'as-tu quitté? J'ai pourtant l'impression que si je me retournais, tu me prendrais dans tes bras.



° Japon, le vol a été long, 13h, Je viens d'atterrir, il fait chaud, sur ma feuille, j'ai l'adresse d'une université, Tôdai, ainsi que le nom du professeur qui m'attends... °


Le japonais, je ne l'avais pas utilisé depuis bien longtemps, mais les souvenirs me sont revenus peu à peu, j'ai pris un taxi pour venir jusqu'au point de rendez-vous. Le professeur m'attendait, mais j'avais encore du temps devant moi, il m'avait proposé une heure tardive pour me laisser la possibilité de visiter les lieux, histoire de me remémorer... Mais il a du oublier sur le coup de l'émotion, qu'avec deux valises à la main, je ne risquais pas d'aller bien loin. Je ne pouvais pas le presser, je n'avais par ailleurs pas activé ma ligne pour l'international, je dois encore attendre quelques jours, tant pis, rester assise se reposer, attendre que l'heure arrive puis partir.
Cherchant un coin d'ombre sous un arbre je me suis assise sur la pelouse. Le décalage horaire m'empêche de dormir, dommage, mais mes yeux se fermaient toutes seules, il faisait vraiment frais en cet saison, ça remonte à quand la dernière fois que j'étais ici?...

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